Review - FW 088-2025
Ep - Vide
By Chaotic Symbios - 05 May 2025
Chaotic Symbios – Vide : un trou noir de brutalité cosmique

Dès les premières secondes, Vide nous propulse loin de la Terre, dans le froid abyssal de l’espace. L’album s’ouvre sur une pièce instrumentale psychédélique, sans paroles, dont les effets sonores évoquent la dérive lente et hypnotique vers un trou noir. Sur la pochette, une planète se dresse, marquée par une étrange porte menant à l’inconnu — un passage mystérieux que Chaotic Symbios ne tente pas d’expliquer, mais plutôt de nous faire ressentir. En 37 minutes, le groupe de Rivière-du-Loup nous entraîne dans un voyage de death metal progressif pur et dur, alternant brutalité technique et atmosphères planantes.
Miroir, deuxième titre de l’album, démarre avec force. Portée par un rythme entraînant, la chanson se déploie en solos de guitare et changements de tempo dignes du style progressif. J’apprécie particulièrement le vocal de Maxime Gaudreau : on y perçoit clairement les paroles, et le mix équilibré de l’album rend justice à sa voix en permettant de tout déchiffrer.
Le troisième morceau, Hidden Faces, m’a marqué par ses guitares au grain légèrement fuzz, créant une couleur encore une fois psychédélique et cohérente avec le thème spatial. Vers le milieu, un breakdown nous amène à une ligne de basse signée Caleb Dion, rappelant les beaux jours de Korn, avant que la complexité des nombreux changements de tempo ne reprenne le dessus. Une pièce riche et captivante.
Puis vient Blood is the Key, long voyage de 11 minutes et 9 secondes. Le batteur Étienne Côté ouvre la danse avec un groove solide, bientôt rejoint par un cri abyssal de Maxime Gaudreau. Ce morceau déploie une progression fascinante, ponctuée de longs solos de guitare en finale, exécutés avec brio par Olivier Marquis et Evan Soucy, qui méritent d’être salués tant ils renforcent l’ampleur épique de la pièce.
Blood Flows Through Time agit comme une courte interlude instrumentale, parfaite pour nous plonger dans Fall on Saturn — mon coup de cœur de l’album. Dès l’attaque, c’est une claque : batterie et voix se déchaînent, portées par une rythmique complexe et jouissive. Un solo planant s’invite au milieu, avant qu’un breakdown explosif ne ramène un tempo effréné, à nouveau teinté d’influences Korn où Caleb Dion impose sa basse avec puissance. Un bijou auditif à ne pas manquer.
Enfin, Drifting Away in the Depths of Outer Space conclut le périple avec une ouverture sombre : guitare et basse tissent un riff mélodique qui monte progressivement en puissance, jusqu’à un final cathartique où tout le groupe donne le maximum. Une conclusion théâtrale, marquant la fin d’un beau voyage dans l’inconnu du vide et du trou noir.

Mon appréciation
Chaotic Symbios livre avec Vide un premier album immersif, qui allie la brutalité du death metal à la complexité et aux ambiances du progressif. Les musiciens démontrent une grande maîtrise technique, tout en sachant créer des atmosphères envoûtantes. Le son est clair, équilibré, et permet à chaque instrument de s’exprimer.
Note : 8.5/10
Et vous, êtes-vous prêt à vous perdre dans le vide ? Laissez-vous aspirer par ce trou noir musical et plongez dans Vide de Chaotic Symbios.

11 - 08 - 2025

Editor