Review - FW 099-2025
Lp - Viscereral
Country - Canada Note : 7.0
Prêt de quarante ans de rage et zéro compromis

B.A.R.F. est de retour avec Viscéral, album complet depuis 2022. Fidèles à leur formule gagnante, les vétérans du thrash/hardcore Montréalais livrent une musique qui brasse sans compromis. Textes satiriques, parfois assassins, parfois blasphématoires : tout y passe. Et quand ça frappe, c’est sans détour : des riffs qui lacèrent, une énergie brute qui sent la sueur et le sang, et des paroles crues comme un coup de poing dans l’estomac.
Description de l’album
L’album s’ouvre sur Viscéral, une intro instrumentale qui prépare le terrain comme une tempête qui approche. On enchaîne avec Berzerker, où la batterie rapide et brutale s’aligne parfaitement avec la basse pour lancer les hostilités. Une entrée en matière qui met la table pour tout ce qui suivra.
Comprendre frappe par sa fin déchaînée, où un blast beat furieux accompagne des paroles hurlées du fond des tripes. Avec Écœurante, le groupe ne retient rien : la pièce débute avec une citation du premier ministre avant de basculer dans une charge frontale contre les déboires de la politique québécoise.
Sur Skaliss, B.A.R.F. s’en prend au système, métaphore d’un citoyen pressé comme un citron sans rien recevoir en retour. Puis vient Ténèbre, dont l’intro aux accents celtiques se transforme en bombe sonore aux relents sataniques, digne du titre qu’elle porte.
Viscéral II sert d’interlude plus posé avant l’explosion de Fils bâtard, un morceau énergique mené par un riff entraînant qui accroche dès la première écoute. Crève, quant à elle, ne fait pas dans la dentelle : les paroles crues libèrent toutes les frustrations et en font une véritable chanson exutoire.
Avec Déboires, le groupe met en musique les excès liés à la consommation, particulièrement l’alcool, où les lendemains difficiles s’entrechoquent avec l’euphorie des abus. Vendu pousse la satire encore plus loin en évoquant un pacte avec le diable — mais un diable déjà trop occupé par tous ses serviteurs sur terre. Le morceau, accrocheur, fait taper du pied et reste facilement en tête.
Enfin, Du sang dans le sable clôt l’album avec panache. Breakdowns massifs, changements de tempo et intensité maximale en font une pièce finale captivante et digne conclusion à ce déchaînement sonore.

Appréciation personnelle
Viscéral confirme que B.A.R.F. n’a rien perdu de sa férocité. Près de quarante ans après leur formation, le groupe conserve sa rage intacte, sans jamais tomber dans la répétition molle. J’ai particulièrement apprécié la variété de l’album : entre l’intro celtique de Ténèbre, la satire politique d’Écœurante, ou encore l’exutoire brut de Crève, chaque chanson a son propre impact. Le son est lourd, direct et percutant, exactement ce qu’on attend d’un groupe culte de la scène thrash/hardcore montréalaise.
Clôture
Avec Viscéral, B.A.R.F. livre un disque sans concession, fidèle à son ADN et plus mordant que jamais. Un album qui sent la colère, le vécu et l’envie de brasser les tripes autant que les consciences.
Ma note : 7/10.
Et vous, chers lecteurs, pensez-vous que B.A.R.F. a encore sa place au sommet du thrash/hardcore québécois, ou croyez-vous que la relève peut rivaliser avec cette légende vivante ?

22 - 09 - 2025

Editor