Review - FW 074-2025
Ep - Antipole
Le doom au ralenti : une traversée aussi froide qu’immobile

Depuis les terres tranquilles de Gatineau, là où les hivers sont peut-être plus cléments qu’ailleurs au Québec, Norilsk choisit pourtant de nous plonger dans un froid intérieur bien plus mordant. Avec Antipole, le groupe déploie un doom metal lourd et profond, une musique lente et pesante qui semble figer le temps. Les riffs traînent comme un ciel gris sans fin, la voix vient de loin, et chaque frappe de batterie résonne comme un écho dans un monde déserté. Norilsk ne cherche pas à réchauffer, mais à engourdir, à ralentir le pouls. Antipole est une descente dans un univers immobile, destiné aux auditeurs patients et contemplatifs.
Description des morceaux
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Antipole
Une chanson d'ouverture beaucoup trop longue et lente. Le doom y est poussé à l’extrême au point de devenir soporifique. -
D’ombre et de glace (l’asphyxie)
Même atmosphère plombante et monotone que la première. Trop stoner, trop étirée, difficile à apprécier. -
Locus Sanctus
Une éclaircie dans le brouillard. Plus entraînante, avec une batterie plus dynamique et des guitares plus présentes. -
Nunataks
Bonne intro batterie/guitare. Toujours dans le registre doom, mais plus fluide et moins étouffante que les pièces précédentes. -
La Chute du Géant
Début très lent, mais elle évolue positivement : montée en puissance au milieu, bon solo de guitare et batterie bien rythmée. Une pièce qui finit par convaincre. -
La Fonte
Le moment fort de l’album. Plus rock stoner que doom, plus rythmée, avec un excellent refrain et de solides back vocals. Ma préférée de l’album. -
Un chant pour les morts
De nouveau un retour à un doom très lent. Ambiance pesante, lenteur marquée — une fin d’album qui retombe dans les travers du début.

Appréciation personnelle
Malgré une production soignée et une ambiance bien définie, Antipole n’a pas réussi à me captiver. Trop de lenteur, trop de morceaux qui s’étirent sans offrir de relief. Les deux premières chansons m’ont rapidement donné l’impression d’un doom metal trop stoner, trop engourdi, presque soporifique. Heureusement, quelques titres comme Locus Sanctus, Nunataks ou La Chute du Géant relèvent un peu le rythme, avec une batterie plus vivante et des guitares qui sortent de leur torpeur. Le vrai moment fort reste La Fonte, plus proche du rock stoner que du doom traditionnel, avec un refrain accrocheur et un bon dosage entre mélodie et lourdeur. Mais la dernière chanson, Un chant pour les morts, replonge immédiatement dans un ennui glacial. Au final, Antipole manque de variations et d'accroches pour vraiment s’imposer.
Avec Antipole, Norilsk nous propose un voyage lent, froid et pesant, qui ravira peut-être les puristes du doom le plus austère, mais qui, de mon côté, m’a laissé sur ma faim. Le manque de relief et de diversité nuit à l’ensemble, malgré quelques bonnes surprises en milieu d’album. À écouter dans un moment de solitude, peut-être en hiver, quand le silence est déjà roi.
Ma note : 5/10.
Et vous, êtes-vous prêts à braver les tempêtes glaciales du doom metal de Norilsk, ou risquez-vous de vous y perdre à jamais ?

19 - 05 - 2025

Editor