Review - FW 059-2025
Une faim modérée pour Devourer

Dans les profondeurs du Montréal métallique, une bête sommeillait. Depuis 2012, elle murmurait, elle répétait, elle peaufinait son rugissement. En 2025, Alyksir sort enfin Devourer, son tout premier album. Un disque forgé dans les codes du melodic death metal, avec ses harmonies sombres, ses riffs acérés, et une voix qui, par moments, rappelle étonnamment celle d’un certain Benjamin Kowalewicz de Billy Talent. Sans moment spectaculaire, mais avec constance, le groupe livre une œuvre honnête, solide, sans artifices.
Une entrée dans la gueule du monstre
Devourer s’ouvre avec The Void, une pièce qui pose bien les bases du style Alyksir : rythmique solide, guitares tranchantes, et surtout un changement de tempo bien amené qui donne une belle groove à l’ensemble. C’est dès cette première chanson que se manifestent les back vocals au timbre familier, évoquant le chant éraillé et accrocheur de Billy Talent.
Un peu plus loin, Wrath of Erlik met la batterie à l’honneur, avec une excellente intro percussive. Tout au long de la chanson, la batterie de Sam Neumann, précisément le batteur qui a enregistré les pistes — est mise de l’avant avec une exécution dynamique et percutante. Aujourd’hui, c’est Damian Blake qui tient les baguettes, ayant rejoint Alyksir au début de 2025, prêt à poursuivre l’aventure sur scène et en studio.

La cinquième pièce, Lifestream, prend une tournure inattendue avec une finale planante au piano, qui rappelle l’ambiance des grandes envolées de Pink Floyd. Enfin, Inner Turmoil, septième morceau de l’album, continue de mettre la batterie en avant, avec de petits solos bien sentis et un rythme soutenu qui montre que le jeu rythmique est l’un des points forts de cet album.
Appréciation personnelle
Devourer est un album qui s’écoute bien, sans grande surprise mais avec une certaine régularité. Ce n’est pas un disque qui révolutionne le genre, ni un qui laisse une forte impression dès la première écoute. Il manque un élément marquant ou un moment fort qui ferait dire « wow ». Cela dit, les musiciens d’Alyksir font le travail : Jonathan Allen à la basse ancre solidement les morceaux, Pierre-Luc Blais livre des riffs efficaces à la guitare, et Alexandre Clark, en plus de chanter, assure une présence constante à la guitare rythmique. La voix, bien que parfois un peu monochrome, est soutenue par des back vocals qui, à quelques moments, nous rappellent Billy Talent, ce qui ajoute une couleur inattendue au mélange. C’est un bon départ pour un premier album, et on sent qu’avec un peu plus de personnalité dans les compositions, le groupe pourrait aller plus loin.
Conclusion
Sans être un festin mémorable, Devourer d’Alyksir se laisse tout de même savourer. On y découvre un groupe montréalais prometteur, qui pose ici les bases de son identité musicale. Avec un peu plus d’audace dans les compositions et des moments plus marquants, Alyksir pourrait facilement hausser la barre pour ses prochaines créations. En attendant, ce premier effort reste un bon album de melodic death metal, bien produit et agréable à écouter.
Note : 7.5 / 10
Et vous, est-ce que Devourer a réussi à vous ouvrir l’appétit ?
Pour plus de découvertes, continuez à lire mes chroniques.

24 - 03 - 2025

Editor